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Situation Géographique

Situé sur la rive gauche du fleuve Casamance, le village de Birkama se trouve au Sénégal en moyenne Casamance dans la région administrative de Sédhiou, département de Goudomp, arrondissement et commune de Djibanar. Il couvre une superficie de 17km2 et est limité à l’Est par le village de Djibanar, à l’Ouest par le village de Baconding et Goudomp sa capitale Départementale, au Nord par le fleuve Casamance et au Sud par le village de Saliote. Birkama est traversé par la RN 6 et se situe à 52km à l’Est de Ziguinchor la capitale de la région naturelle de la Casamance.

Milieu Physique

Birkama est un village du terroir le Balantacounda géographiquement situé au Sud du Sénégal dans la région naturelle de la Casamance, en sa partie australe appelé Moyenne Casamance. Les caractéristiques pédoclimatiques du village lui confèrent des aptitudes agricoles et pastorales majeures.

Le Relief, à l’instar de la quasi-totalité du pays est de nature homogène et sans élévation notable avec des surfaces planes légèrement vallonnées et de plateaux de faibles altitudes dépassant rarement 30 à 40m. Cependant, à l’Est et à l’Ouest notamment le long de la Route Nationale à l’entrée et à la sortie du village, des hauteurs peu élevées s’affichent.

Les Sols de natures sableux sur les plaines et les plateaux (zone de production arachidière, céréalière, pâturage, de massifs forestiers) sont de plus en plus argileux et marécageux le long des cours d’eaux naturels (domaine de la riziculture).

Le réseau hydraulique Birkama est très diversifié. Le village à l’image de beaucoup de localités du terroir est arrosé par le fleuve Casamance qui prend sa source à Fafacourou. Birkama bénéficie aussi de l’écoulement des cours d’eaux douce de surface (marigots, marres) et d’effleurement d’eaux souterraines (sources de Psingue, Gmurr, Fdaara).

Le Climat de type tropical humide (Soudano Sahélien) est caractérisé par l’alternance de deux saisons, l’une sèche et l’autre humide appelée aussi hivernage ou saison des pluies. La saison humide naguère marquée par de fortes pluies (Mai – Novembre) est aujourd’hui caractérisée par une pluviométrie déficitaire variant de 800 à 1200mm et couvrant la période de Juin à Octobre. Cette saison est aussi caractérisée par une forte chaleur avec des températures variant entre 30° et 40°C. La saison sèche couvre le reste de l’année et est marquée par une période de fraicheur de Décembre à Février avec une baisse élevée de températures (moins de 10°C) ; et une période de chaleur de Mars à Juin avec des températures maximales atteignant 40°C.

Cependant, il faut noter que la population locale distingue quatre saisons. Hay en Balante est la période de la saison sèche. Elle correspond à la récolte des noix d’anacardiers et la cueillette des mangues. Thumbode de Mai à Juin est la période de préparation des champs pour les cultures. Byaanti sortie de l’hivernage couvrant la période d’Octobre à Janvier correspond à la récolte des cultures.

Les paysages végétaux de Birkama s’identifient à ceux de son aire géographique (Moyenne Casamance). Ils sont marqués par une variété en rapport avec des influences très diverses. Le long des voies d’eau jusqu’à la marée, la mangrove constituée en grande partie de palétuviers forme une forêt de type spécial cantonnée aux mêmes endroits. A Coté de ces mangroves se trouvent les lieux mythiques de GMURR et PSINGUE qui sont composés d’arbres gigantesques et touffus.

Au Sud Est du village à moins d’un kilomètre de la Route Nationale se trouve une grande forêt dense appelée FDAARA ou forêt de bambou. Cette forêt composée d’une faune et flore très diversifiées joue un rôle économique très important pour les populations.

Au bord du village, s’entendent des rizières qui sont bordées de touffus palmiers. L’intérieur du village et les abords sont parsemés de vergers constitués d’arbres fruitiers (manguiers, anacardiers, orangers…) qui constitue le domaine se subsistance économique des populations. Malgré tous ces atouts, le milieu physique de Birkama est confronté à d’énormes difficultés. Avec les baisses de pluviométrie, consécutives aux changements climatiques, on assiste à une salinisation (remonté du sel par capillarité ou avancée de la langue salée) des terres rizicoles, ce qui fonde des initiatives des projets d’endiguement avec la construction des digues anti sel pour la défense et la restauration des terres arables.

Démographie

Birkama, l’un des plus peuplés villages de la région de Sédhiou et du Sénégal en général compte une population de 4.024 habitants dont 2005 hommes et 2019 femmes. Cette population s’identifie par son caractère hétérogène de part sa composition ethnique, socio- culturelle, religieuse et générationnelle.

En effet, du point de vue de sa composition ethnique, le village de Birkama constitue un véritable melting-pot. Derrière la prédominance ethnique et culturelle Balante se trouvent d’autres ethnies minoritaires telles que les Manjacques, Mancagnes, khal pulards, Mandigues et Diolas qui vivent paisiblement leur appartenance culturelle.

De part sa composition par genre, on remarque une faible domination des femmes qui représentent 50.17% de la population contre 49.82% des hommes.

Sur le plan religieux, l’islam et le catholicisme restent les deux religions les plus pratiquées. Cependant, les musulmans représentent une forte majorité avec 93% de la population et vivent en parfaite harmonie avec la minorité chrétienne.

La population de Birkama à l’image de la population sénégalaise est largement composée de jeunes. Cette population juvénile confrontée à un problème de chômage endémique est victime de l’exode rurale et de l’émigration clandestine à la recherche de leur gagne pain. Toutefois, une bonne partie de cette jeunesse qui s’active sur place tient la vie économique du village.

Secteurs d’Activités
Le village de Birkama regorge d’énormes potentialités agricoles, halieutiques, forestières qui constituent un levier pour son économie. Sa population dans sa diverse composante tire profit de l’exploitation de ses potentialités qui regroupent les différents secteurs d’activités.
Le secteur primaire


L’Agriculture
La population de Birkama dans sa totalité s’active dans le secteur agricole qui constitue le
poumon économique et vivrier du village. Cette agriculture bien que saisonnière est caractérisée par sa diversité qui est le résultante de deux facteurs principaux que sont la variété et fertilité des sols et le type de climat (tropicale humide).Ces facteurs favorisent le développement de plusieurs types de cultures.


✓ Les Cultures Commerciales
La Patate Douce, naguère cultivée à base échelle pour la consommation, la patate
douce est devenue depuis une décennie la première culture commerciale du village. Chaque année, les agriculteurs emblavent des centaines d’hectares, et les surfaces emblavées augmentent de saison en saison. Ce qui résulte d’un accroissement exponentielle de la production qui par exemple a passé de plus de 300 tonnes exportées dans les grands marches du pays et de la sous-région en 2018 à 578 tonnes lors de la saison 2019 sans tenir compte des centaines de tonnes vendues au marché local.
L’Arachide, jadis la première culture commerciale du village et de la moyenne Casamance en général, la culture de l’arachide est aujourd’hui délaissée par beaucoup de cultivateurs à cause de la chute drastique de son prix pendant les années 2000.


L’Arboriculture Fruitier, cette filière essentiellement constituée de la plantation de manguiers, d’anacardiers et d’orangers a toujours tenu l’économie de Birkama. La récolte de ces fruits notamment les mangues et oranges appelée Guisid en Balante constitue la première activité génératrice de revenu des jeunes du village et de village voisins .Chaque année, des milliers camions sont chargés de mangues et d’oranges dans le village pour la destination des marchés du nord du pays et de la sous région. Quant aux noix d’anacardes, ils sont chargés et embarqués au port de Ziguinchor pour la destination des pays asiatiques.


✓ Les cultures vivrières
La Riziculture, activité principale des femmes, la riziculture est la première culture vivrière du village. Birkama étant le village qui possède plus de rizières dans la région de Sédhiou emblave en conséquence plus de surface. Malgré les conditions de travail très précaires avec l’utilisation de matériels de travail primitifs, les femmes parviennent à emblaver chaque année des milliers d’hectares. Toutefois, elles font face à la réalité du changement climatique qui a pour conséquence la raréfaction des pluies et la salinisation des terres.


Le Maïs, cette céréale qui a tendance à devenir une culture commerciale pour beaucoup de cultivateurs a longtemps été un grenier vivrier à Birkama. Cependant, sa culture commence à connaître une baisse avec l’avènement de la plantation d’anacardier qui a considérablement réduit les surfaces cultivables.
Le Mil, jadis, la première culture vivrière est aujourd’hui délaissée par les cultivateurs à cause de l’appauvrissement des sols qui est la conséquence directe du vol récurrent de bétail. En fait, chaque année, après la récolte, les troupeaux étaient gardés dans ces champs de mil en vue de les fertiliser davantage.
Le Niébé, bien que n’étant pas cultivé a grande échelle dans le village, fait partie des cultures vivrières.
Le maraîchage est de plus en plus développé dans le village. Pratiqué par les femmes pendant la période sèche, il est pour la plupart constitué de culture d’oseilles, tomates, salade, oignon. Aujourd’hui, on assiste au développement des fermes communautaires dans lesquels d’autres variétés telles que les choux, aubergines, carottes y sont cultivées.


L’élevage et la pêche sont aussi des secteurs névralgiques de l’économie du village. En fait, Birkama regorge d’un cheptel énorme qui est composé de caprins, bovins, ovins, porcins. Toutefois, l’élevage du bovin a largement chuté à cause de la recrudescence du vol de bétail à main armé. Avant les années 2000, Birkama comptait plus de 3.000 bœufs. Aujourd’hui, il en compte des dizaines dans tout le village. Cependant, l’élevage de la volaille commence à prendre de l’envol dans le village. Hormis l’élevage traditionnel des poules locales, de plus en plus de personnes s’intéressent maintenant à l’élevage à grande échelle des poulets de chair.
La pêche de son côté résorbe aussi une partie de la population active. En fait, Birkama à l’image de beaucoup de villages du terroir est traversé par le fleuve Casamance qui regorge d’énormes potentialités halieutiques. Dans ses eaux se pêchent des carpes, tilapias, capitaines, mulets des crevettes et langoustes.
Les secteurs secondaire et tertiaire


A l’image du secteur primaire, les secteurs secondaire et tertiaire sont fortement représentés à Birkama.
Le secteur secondaire est pour la plupart constitué d’artisans qui s’activent dans la vannerie. En effet, les artisans fabriquent des nattes, chaises et lits traditionnels tissés à partir de bambous.
La forêt de bambou appelée FDAARA se trouve aux alentours du village à quelques centaines de mètres de la RN6. Elle regorge assez de potentiels végétaux qui servent de tressage, de nourriture mais aussi de soins thérapeutiques pour la pharmacopée traditionnelle.
Le secteur tertiaire très représenté dans le village est aussi un levier économique. Il est constitué en majorité de commerce (boutique, vente de légumes et fruits etc.). Toutefois, ce secteur est en extension depuis l’électrification du village en 2017. Les services de transfert d’argent tels que Wari, Orange Money, Wave… ont commencé à connaître un essor.

Contraintes et Défis
Birkama en dépit de ses diverses potentialités fait face à d’énormes difficultés que sont:
▪ l’avancée du fleuve Casamance et la remontée de la langue salée.
▪ la raréfaction des pluies.
▪ le manque criard de matériels agricoles et d’intrants.
▪ l’appauvrissement des sols.
▪ le bradage des produits.
▪ le dépérissement des manguiers.
▪ le manque d’unités de transformation des produits fruitiers et céréaliers.
▪ le chômage endémique des jeunes.
▪ la recrudescence du vol de bétail.
Pour trouver des solutions pérennes, les populations appellent l’Etat du Sénégal, les partenaires et les bonnes volontés à venir à leur rescousse pour:
– la Construction d’une autre digue anti sel digne de son nom qui viendra en appoint à celle qui est déjà construite et qui est en état de délabrement avancé. La réalisation de cet ouvrage permettra de stopper ce fléau et de restaurer les milliers d’hectares de vallées déjà perdus.
– Pour freiner l’avancée du fleuve Casamance, des initiatives ont été déjà prises par certaines ONG comme l’Oceanium en collaboration avec les populations en plantant des palétuviers qui forment aujourd’hui une grande forêt de mangroves. Les populations louent de telles initiatives et sollicitent d’autres partenaires pour planter toute la rive du fleuve Casamance.
– Pour faire face à la raréfaction des pluies qui est la cause directe du réchauffement climatique qui est lui même la conséquence de la dégradation de l’environnement, nous appelons l’état à déployer ses services compétents sur le terrain pour arrêter les coupeurs illicites de bois. Ces derniers coupent nuitamment les arbres gigantesques qui se trouvent dans la forêt de bambous (FDAARA) et dans les champs pour en faire des planches ou des pirogues.


– En ce qui concerne le déficit du matériel de travail agricole adéquat et adapté, les populations de Birkama et du Balantacounda en général lancent un énième appel à l’état pour leur procurer de tracteurs, de subventions et d’intrants à l’image des riziculteurs de la vallée du fleuve Sénégal .En fait, nos agriculteurs malgré le travail pénible qu’ils effectuent parviennent à emblaver des milliers d’hectares de riz, de patate douce, maïs etc. Le même appel est lancé pour remédier définitivement au problème de vol de bétail qui est d’une part la conséquence direct de l’appauvrissement des sols.
– Pour arrêter le bradage des produits agricoles dont certains pourrissent dans les plantations, les populations sollicitent à nouveau l’aide des partenaires et des autorités à venir installer des unités de transformation des produits locaux pour booster davantage le secteur secondaire et réduire le taux de chômage très élevé dans le village. Cependant, il faut au préalable que ces autorités assistent les planteurs en déployant des ingénieurs agronomes pour l’entretien de nos plantations de mangues qui sont infectées par des champignons et les piqûres des mouches.

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